Mon parcours

Chacun d’entre nous traverse des périodes de doutes et de remises en question.

Ces étapes de la vie sont souvent inconfortables et déstabilisantes car on est souvent démunis pour les gérer au mieux.

Elles nous amènent  d’ailleurs parfois à de grands bouleversements (changement de travail, divorce, maladie…).

En ce qui me concerne, c’est la conjugaison de la maladie et du décès brutal de mes deux parents qui a été le véritable déclencheur d’une prise de conscience qui s’avérait indispensable, puis de la recherche d’outils adaptés à ma situation et à ma personne afin d’établir un plan d’action pour revenir vers la personne que je suis réellement et la vie à laquelle j’aspire au plus profond de mon être.

Cette étape de prise de conscience arrive presque toujours dans un contexte difficile que ce soit sur le plan personnel comme sur le plan professionnel, voire les deux.

Atteinte d’une maladie chronique invalidante qui m’a amenée à cesser mon activité d’infirmière libérale, je luttais tant bien que mal pour que cette vie que je n’avais pas imaginée ainsi ait un sens. Les premiers temps, je me sentais complètement perdue car la plupart de mes repères avaient disparus. Je m’accrochais à mes croyances inculquées depuis la plus tendre enfance. J’étais sûre que les médecins allaient trouver rapidement mon diagnostic ainsi qu’un traitement qui allait me permettre de reprendre ma vie exactement comme avant. J’attendais tout des autres. Sûrement un bon moyen pour que l’on s’occupe enfin de moi alors que je ne m’occupais que des autres depuis ma plus tendre enfance.

Puis le temps s’écoulait et personne ne comprenait ce que j’avais. Pire, on me traitait parfois d’hypochondriaque ou de dépressive. J’étais, certes, très anxieuse de nature mais lorsque l’on ne se sent pas compris ou tout simplement écouté, cela ne fait que majorer l’inquiétude et le sentiment de mal-être.

Je suis passée par de nombreuses remises en question sur ma vie, mes choix, mes propres croyances. J’avais le sentiment que personne ne me comprenait, même dans mon entourage proche. Du coup, soit je n’osais pas demander de l’aide, soit je n’étais pas claire dans mes demandes ayant tellement peur que l’on me dise NON comme si ce NON était le signe d’un rejet de l’autre. Et dans le même esprit, je ne disais jamais NON de peur de décevoir ou pire, perdre l’estime de l’autre. On m’a souvent dit aussi que j’étais trop sensible et j’ai donc pensé que cela était un point faible à masquer à tout prix. J’ai donc pris le rôle de la femme forte à tout prix, à n’importe quel prix jusqu’à l’arrivée de la maladie et même à travers la maladie. Ce qui est drôle, c’est qu’aujourd’hui, même si j’ai un comportement complètement différent et que je parle en toute sincérité de mes fragilités, la plupart des personnes qui me côtoient persistent à me voir comme une femme forte. Je pense donc aujourd’hui que, même si nous jouons la carte de la transparence sur qui l’on est vraiment, beaucoup de personnes continueront à ne voir que ce qu’ils veulent voir de nous. On pourrait expliquer cela par le fait que nous sommes tous des miroirs pour nos semblables. Tout le monde est sur le chemin mais n’avance pas au même rythme et ne part pas du même endroit. Ce que l’on renvoie peut déranger ou déstabiliser. Encore plus lorsque l’on est malade.

Je me laissais aussi envahir par le doute et la peur : peur d’être définitivement handicapée, peur des soucis financiers que cela engendrait, peur de l’avenir tout simplement.

Mon éducation mais aussi l’éducation d’une manière générale nous persuade que la performance est la clé du succès et donc du bonheur. Le fait de me retrouver alitée et en arrêt maladie m’a complètement déstabilisée car je ne répondais plus aux critères sociétaux de la femme active. Je me sentais complètement rejetée par la société car je ne faisais plus partie de la masse active telle que la société la conçoit.

Curieusement, j’étais beaucoup plus inquiète à l’idée de ne pas pouvoir retravailler que par la maladie en elle-même. Alors, comme un cri de guerre lancé à l’ennemi, très peu de temps après le début de ma maladie, je me suis dit : « Je continuerai à faire ce que j’aime même si je dois le faire autrement ».

Cela implique de la créativité et je n’en manquais pas. Mais par contre, cela demande aussi de bien se connaitre et c’est sur ce point-là que j’avais le plus long et difficile travail à faire.

Ce que je savais de moi n’était que le reflet des autres. Autant dire que c’était assez approximatif puisque j’étais très forte pour brouiller les cartes.

J’ai aussi fini par comprendre, à travers dix-huit années d’errance médicale, que ce n’était pas les médecins qui allaient me guérir. Certes, ils pouvaient me guider, me soulager, mais pas agir à ma place sur ce que mon corps exprimait à travers la maladie.

C’était à moi d’être acteur de ma propre guérison ou au moins d’une amélioration de mon état de santé d’une manière générale.

A alors commencé un long chemin ponctué de belles découvertes, de rencontres décisives mais aussi de déceptions qui, malgré tout, n’ont fait que renforcer ma volonté de continuer quoiqu’il arrive.

J’ai donc commencé un long travail sur moi-même, seule, à l’aide de différents thérapeutes ou bien plus simplement à travers de belles rencontres. Je partais à la recherche de tout ce qui pourrait m’aider à me retrouver.

Au début, je ne me suis pas fixé de « plans » ou « stratégies ». J’avançais au feeling. Je « testais » un peu tout ce que je trouvais dans le secteur de la santé et du bien-être.

Le problème est que je voulais aller vite et c’est une première erreur car tout demande du temps et encore plus dans ce domaine.

Du coup, je testais plusieurs choses en même temps mais je n’étais pas en mesure de bien analyser les résultats car quand cela fonctionnait, je ne savais pas de quoi cela venait. Idem dans le cas inverse. Est-ce que cela venait d’un nouveau médicament, d’une séance de psychothérapie ou d’acupuncture ou autres ?

J’ai donc réfléchi et je me suis rendu compte qu’il fallait à mon corps, un mois au moins, pour intégrer une nouvelle thérapie et que partant de ce constat, je devais laissais un écart au minimum de cette durée entre deux thérapies. J’évitais aussi de cumuler thérapie physique et thérapie psychologique car les deux pouvaient avoir un impact physique. Je devenais très méthodique, marquait des pauses quand j’étais vraiment trop épuisée.

J’ai aussi comme principe, si la première séance m’a déçue, d’en refaire quand même une deuxième afin d’être plus objective. Le thérapeute, comme le patient, est un être humain et n’est jamais à l’abri d’une faille qu’elle quelle soit. De même, il est quasi impossible d’avoir une bonne idée de ce qu’offre comme possibilité, une thérapie en une séance.

Je me suis fixée une autre règle : une thérapie ne doit jamais faire souffrir. Attention, je ne parle pas d’inconfort lié à des remises en question. Je parle de mal-être profond physique ou psychologique. Une thérapie peut fatiguer, peut déstabiliser mais pas au point de se sentir vraiment mal.

Et si l’on sent qu’il y a des résistances de notre part, il est important de se poser la question suivante : cette thérapie me convient-elle ou vient-elle « appuyer là où ça fait mal » ?

Internet et les forums d’entraide entre malades ont été, pour moi, un outil vraiment très utile puisqu’alitée, je voyais très peu de monde. Bien sûr, il faut rester prudent et vérifier systématiquement toute source d’information. Mais cela a été aussi, pour moi, un bon moyen de garder un lien social.

Lorsque l’on teste une thérapie, il faut aussi se fixer des limites en fonction de nos finances et garder un esprit critique tout en adhérant à l’esprit de cette thérapie. Ce n’est évidemment pas facile surtout lorsque l’on est fatigué et dans l’attente d’un résultat rapide et important.

J’ai trouvé aussi beaucoup de réponses et de réconfort dans la littérature.

Il y a deux livres qui auront été, pour moi, très impoortants.

« L’éloge de la faiblesse » d’Alexandre Jollien, m’a d’abord interpellée par son titre provocateur et intrigant. Ce livre m’a permis de considérer le handicap comme une chance, une opportunité pour vivre différemment et même mieux que les autres sur certains aspects.

« Guérir » de David Servan Schreiber m’a fait prendre conscience du pouvoir que l’on avait sur la maladie et surtout que nous étions acteur de notre vie et de ce fait, nous devions nous prendre en charge lorsque la maladie apparaissait.

J’ai, depuis, lu bon nombre d’autres livres très intéressants et enrichissants. Je ne cesse de me renseigner sur tout ce qui peut m’aider à grandir et développer le plaisir d’être.

Avec le recul, je me dis que mieux me connaitre, m’accepter telle que je suis et surtout m’aimer afin de ne plus chercher chez l’autre ce que j’ai en moi aurait été vraiment l’étape essentielle et prioritaire. Cela s’est fait progressivement à travers de multiples étapes et thérapies mais je n’ai jamais eu l’idée de commencer par cela. J’en prends conscience à travers cette formation qui me passionne et structure, à travers l’auto-coaching, tout le travail effectué lors de toutes ces années. Connaitre ses atouts, ses faiblesses (même si je préfère le mot « fragilité ») est la première étape vers une reconquête de soi-même.

Il est maintenant « normal » pour moi de dire que je suis sensible, têtue, parfois trop protectrice, hyperactive mais je l’accepte et veille à ce que cela ne me mette pas dans une situation inconfortable pour moi et mon entourage. Et je travaille beaucoup sur mon intuition qui est très forte mais que je n’écoutais pas assez. Je cultive ma joie de vivre qui est un de mes principaux atouts. Je reste à l’écoute et altruiste mais dans des limites que je me suis fixée : respect de mon intégrité physique et psychique. Je dois encore regarder la liste de mes atouts car je ne sais pas toujours les citer sans réfléchir longuement mais peu importe, la démarche est amorcée et même bien engagée, et tout cela va peu à peu intégrer mon esprit sans que j’ai à chercher pendant des heures.

A partir de cela, je vais continuer à prendre soin de moi car c’est l’étape essentielle avant de prendre soin des autres.

J’ai enfin trouvé la stratégie qui me convenait car il y a autant de stratégies que d’êtres humains sur cette terre. On peut définir une méthode pour la trouver mais ensuite, c’est à chacun d’entre nous de déterminer les thérapies et les disciplines qui nous conviennent le mieux. C’est parfois un long travail surtout quand on le fait seul mais si l’on se fait accompagner, cela peut aller beaucoup plus vite d’où l’intérêt du coaching.

Je continue également à tester de nouvelles thérapies étant de nature très curieuse.

Il est important pour moi de perfectionner celles qui m’ont vraiment apporté une nette amélioration comme la méditation et la sophrologie.

Je fais également de plus en plus attention à mon alimentation car j’ai fait l’expérience d’un rééquilibrage alimentaire qui a été très bénéfique aussi bien sur le plan intestinal que sur le plan général. Mais j’aimerais vraiment approfondir mes connaissances en la matière car je suis convaincue que je peux encore améliorer mon état en modifiant certaines habitudes alimentaires.

Je reprends peu à peu des activités sportives douces après quatre années passées en fauteuil roulant.

J’ai encore des points à améliorer comme la régularité des pratiques méditatives et sportives car c’est à travers la régularité que j’optimiserai mon bien-être physique et psychique.

Je sais aussi que d’envisager de reprendre une activité professionnelle va m’apporter un équilibre sur le plan personnel car depuis dix ans, ma vie était centrée sur ma famille et ma maladie. Je me sens vraiment prête à aborder une nouvelle étape de ma vie qui s’appuiera, à la fois sur mes diverses formations, mes expériences professionnelles et personnelles.

Peu de choses ont réellement changé au fil de l’étude de ce fascicule car la transition s’est opérée depuis quelques temps déjà avec une réelle volonté de mettre en œuvre tous mes projets. Par contre, cela m’a vraiment permis de m’assurer que j’étais en accord avec ce que je souhaitais vraiment et d’éclaircir certains points comme l’aspect financier.

Je vais donc continuer à améliorer les pratiques qui m’ont déjà apporté des améliorations tout en continuant à en explorer de nouvelles. Je vais intensifier la régularité et l’organisation de toutes ces disciplines tout en gardant constamment à l’esprit que la notion de plaisir doit rester essentielle sinon cela n’a plus de sens.

Malgré toutes les difficultés que j’ai rencontrées, je ne me suis jamais sentie malheureuse. Je me suis sentie parfois triste, découragée, déstabilisée mais jamais malheureuse. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à mon entourage que je suis forte mais je ne pense réellement pas qu’il s’agisse d’une force quelconque. Ce serait plutôt un instinct de survie qui me pousse constamment à aller de l’avant et pour cela, à trouver dans chaque expérience de la vie, une raison d’être. J’ai d’ailleurs souvent dû me faire accompagner dans certaines démarches même si je reste seule à prendre les décisions.

Et le coaching est pour moi, une des meilleures solutions car c’est un excellent moyen de se faire accompagner dans une étape importante de notre vie. Le coach proposera de nombreux outils divers et variés grâce auxquels chacun pourra trouver celui ou ceux qui lui conviennent pour opérer un véritable changement bénéfique avec comme objectif :

Révéler l’être que nous sommes réellement.

(devoir réalisé lors de ma formation de coaching en 2017)

1 réflexion au sujet de “Mon parcours”

  1. Je suis tellement heureuse que la vie m’ait menée à toi… Que tu sois arrivée sur mon chemin… Je sais que tu vas m’apporter beaucoup et c’est déjà le cas d’ailleurs. Je vais prendre peut-être quelques jours mais je vais lire tous tes articles, en espérant qu’il y en ai des nouveaux, parce que comme je te l’ai déjà dit, ça peut énormément servir, à beaucoup de personnes, à beaucoup de femmes. 💛

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